Les Hoka Bondi X, le test des chaussures carbone-pour-tous

Alors que les plaques en carbone étaient jusqu'à présent réservées aux chaussures de compétition, la marque Hoka nous surprend avec sa toute dernière version de son modèle Bondi. A la manière de la Carbon X et de la Rocket X, voici le nouveau modèle dotée de la fameuse plaque : la Hoka Bondi X. Voici notre test détaillée, en images.

Présentation de la chaussure

La Hoka Bondi fût un des premiers modèles de la marque, spécifiquement pensée comme porte drapeau il y a 10 ans, à destination des coureurs débutants. L'énorme semelle était à l'époque l'image des chaussures de running de Hoka, et même si c'est désormais un peu moins systématique chez le fabricant originaire d'Annecy, on retrouve sur cette Hoka Bondi X cet attribut spécifique : la semelle très épaisse.

les Hoka Bondi X

Nous n'allons pas découper la chaussure en deux pour vérifier, mais c'est ainsi la 3ème chaussure de la marque équipée de cette fameuse place en carbone, après la Hoka Rocket X, la Hoka Carbon X2. La Hoka Carbon Rocket était le modèle précurseur mais elle n'est plus en vente.

Cette Hoka Bondi X reprend les caractéristiques propres à la marque. Le drop de 5mm tout d'abord, qu'il faudra éventuellement surveiller lorsqu'on n'est pas déjà habitué avec ce type de profil. Autre point, évidemment, la semelle à l'épaisseur conséquente. Avec plus de 33mm d'épaisseur sous le talon, on est sur des valeurs importantes, mais pas autant que ce qui se fait sur les modèles de compétition à plaque carbone. Ne pas se fier à la photo qui exagère cette impression, la semelle intérieure a une forme de baquet qui cale le pied à l'intérieur en remontant sur les bords.

Hoka Bondi X / profil

La semelle intermédiaire remonte sur les flancs, accentuant l'impression d'épaisseur. En réalité, avec 33mm, c'est moins que certaines chaussures concurrentes.

L'autre chose qui peut surprendre, c'est le poids de cette Bondi X. Avec le volume visuel accentué par la semelle, on se serait attendu à plus que les 295g constatés sur la balance en 42 2/3. C'est toujours un challenge pour une marque de proposer à la fois un fort amorti (lorsqu'on parle de chaussures dont c'est l'objectif) ET une chaussure légère. Sur ce point, Hoka a toujours eu la recette.

Hoka Bondi X et la plaque carbone

La semelle extérieure laisse entrevoir la plaque carbone, ci-dessus.

Il est difficile de savoir si la décision d'intégrer une plaque carbone à la Bondi était piloté par la demande marketing, ou pour améliorer les performances de la semelle, mais toujours est-il que les modèles équipés de la sorte sont tous plus dynamiques. Voyons-voir.

Le test

Test des Hoka Bondi X

La première chose qu'on ressent, le confort de la chaussure. Le chaussant. Il serait dommage que cela ne soit pas le cas, la Hoka Bondi X est avant tout destinée aux longues distances, et c'est la qualité première qu'on attend du produit. Le pied est bien contenu, mais sans qu'on se sente trop serré, l'avant de la chaussure est large, on est près à enchainer les kilomètres. La languette est peut-être un peu fine, mais les cotés de la tige remontent suffisamment haut pour suffisamment fermer le chaussant.

Seconde chose, à la différence de l'impression donnée visuellement par la semelle, la chaussure est assez ferme. Disons que c'est la première sensation à l'arrêt, en statique. De la même manière, on est bien calé au sol, la largeur de la semelle aide à cela.

Test des Hoka Bondi X sur marathon

Sur le plan dynamique, c'est bien du suffixe X, propre à la gamme carbone de chez Hoka, que la Bondi hérite. Ce n'est plus tout à fait une Bondi. Ni pour autant une Carbon X2, même si la chaussure est ferme. Oublié le moelleux des premiers modèles, c'est du caractère qu'on trouve ici. Difficile de savoir si cela est dû à la plaque carbone ou à l'épaisseur de la semelle, mais en effet, le pied s'enfonce peu, même en talonnant exagérément afin de tester le comportement de la chaussure.

Pour autant, la Bondi X n'est pas dépourvue d'amorti, attention à ne pas confondre amorti et souplesse. L'énergie de l'impact est répartie dans la mousse sans qu'elle se déforme, c'est l'avantage du volume de la mousse présente. L'impression de stabilité est confirmée, la chaussure de bronche pas, et alors qu'elle ne dispose apparemment pas de renforts latéraux, cette Hoka devrait pouvoir accompagner un coureur pronateur sans trop de problème. C'est clairement une chaussure adaptée aux longues distances, marathon et au delà.

Test des Hoka Bondi X, vue latérale

La forme "baquet" de la semelle permet de confiner le pied à sa place. Cela, combiné à la semelle assez ferme, garanti une bonne stabilité de la chaussure sur les longues distances

L'Avis RunMag

Quid de la plaque carbone ? A vrai dire, nous ne retrouvons pas les sensations offertes par les différents autres modèles dotés du Graal technologique. La Hoka Carbon X en particulier, mais surtout des Nike VaporFly, des Adidas Adios Pro ou des Asics MetaSpeed Sky, projettent le pied vers l'avant. Ici, la semelle intermédiaire est peut-être trop massive et rigide pour cela, comme si elle anesthésiait la plaque. La présence de la plaque carbone ne semble pas ici offrir un réel gain à une chaussure dont la nervosité n'est pas l'objectif premier.

Les lacets de la Bondi X

La Hoka Bondi X, c'est écrit dessus

En réalité, il nous serait difficile de détecter la présence de la plaque si elle n'était pas visible sous la semelle, ou si elle n'était pas mentionnée dans la fiche technique. Cela n'enlève rien aux qualités de la chaussure : la Hoka Bondi X est très stable, légère, ferme et rassurante. Elle est aussi très amortie à défaut d'être moelleuse, et ce n'est pas plus mal pour les longues distances qui requièrent du maintien. On la recommande pour les marathons, les très longues sorties, et pour les coureurs un peu lourds qui veulent de l'amorti.