Le test des Hoka Kawana, la chaussure qui surprend

La légende dit que c’est en regardant monsieur et madame tout le monde courir après le bus/ses gamins/le temps qui passe, et pester d’être en chaussures de ville - voire pire en talons - qu’Hoka a fait naître la Kawana, une running « de salon » destinée aussi bien aux activités quotidiennes qu’à l’entrainement. Plus sérieusement, c’est surtout un modèle qui occupe une place à part dans la collection Hoka et qui se révèle, à l’usage, complètement magique et addictif. Voici le test détaillé de cette « kawai » Kawana, alias le chausson qui se métamorphose en petit tigre.

A la lecture des caractéristiques techniques, on a d'abord un doute : est-ce vraiment une chaussure de running ? Le communiqué de presse nous parle d'un profil hybride, car totalement polyvalent, qui pourrait nous permettre d'enchaîner différentes activités - fitness, marche, gym, footing – avec la sensation constante de foulée ultra-douce. On note effectivement la présence de la Hoka Magic touch à savoir sa semelle SwallowTail à la géométrie si reconnaissable qui permet d'adoucir l'impact au sol.

La Hoka Kawana et son talon échancré

La Kawana affiche un drop de 5mm, un rocker près des métas, elle est dotée d'une toute nouvelle tige en mesh recyclé vegan, d'un talon allongé et d'une construction anatomique autour du talon d'Achille. Elle affiche 237 grammes sur la balance (taille 39 femme), ce qui est un très petit poids pour une hoka.

Au premier coup d'œil on reconnait bien sûr la semelle conséquente de la marque mais aussi un profil très proche de la Hoka Clifton 8 : mesh léger, aéré, mais tige rembourrée, profil ergonomique avec la promesse de cet effet pivot distinctif des Hoka qui apporte un côté berçant à la foulée.

La Semelle des Hoka Kawana

Le tout a l'air à la fois ultra-moelleux, solide et… beau. C'est même, en vrai, ce qui nous a sauté aux yeux en premier lorsqu'on a sorti les chaussures de la boite : waouh ! La pureté des lignes et l'esthétisme de l'ensemble… !

Du coup, hors de question de les sortir sous la pluie, on les enfile d'abord sur le parquet du salon. Contrairement à la Speedgoat 5 qui a une languette assez rigide, la Kawana est facile à enfiler, le chaussant est large et le confort est immédiat avec cette sensation soudaine de mettre des chaussons (de sport). On est bien. On est même tellement bien qu'on les garde en fait toute la soirée aux pieds, à la maison. Dès le premier pas, on retrouve cette bascule caractéristique de la famille Hoka qui indique qu'en plus du confort, il y aura du dynamisme. Il est temps de tester ces petits nuages en conditions un peu plus brutales qu'une danse de salon !

Hoka Kawana vu de dessus

Kawana, c'est le nom d'une plage de la Gold Coast en Australie, nous indique Hoka ; par le plus grand des hasards, c'est également sur une plage (des Landes, moins exotique) que le test se fera : sable dur, sable mou puis digue goudronnée pour la fin du footing.

Dès les premières foulées, la chaussure nous prend par surprise : le côté matelas très enveloppant avec lequel on marchait jusqu'alors se métamorphose sous l'impulsion de la course. La semelle incurvée et le talon anatomique jouent leurs rôles, la chaussure devient dynamique, le chausson se transforme en tigre avec un effet rebond assez prononcé ! La contrepartie c'est que l'amorti s'efface pour céder la place à plus de fermeté et ça, pour les amoureux de la touche « airbag » Hoka, c'est le moment déceptif.

Sur du sable meuble, la kawana reste stable (bien car ce n'est en général pas une des premières qualités des produits Hoka), elle laisse le pied s'exprimer et on éprouve même de bonnes sensations de vitesse lors du passage sur le béton.

La Hoka Kawana

Il faudrait voir à l'usage si le mesh, qui a l'air assez fragile, tient la distance. En tout cas, il est clair que l'on n'emmènera pas ses running sur des terrains techniques, elles ne sont pas faites pour cela.

La Hoka Kawana c'est en fait le docteur Jekyll et Mister Hyde de la running : une sorte de chausson dynamique deux en un qui change de personnalité en fonction de l'activité. Mais une activité qui doit rester douce. Elle convient à des footings légers, à des heures de marche urbaine et aux journées actives en règle générale. A la fin desquelles on a du mal à les quitter :) !