Le test complet des Hoka Clifton Pro : la vitesse supérieure !

La Clifton Pro, c'est la version plus dynamique de la Clifton, portée par la nouvelle mousse SCF ProGlide+ et un rocker plus marqué. Sur le terrain, la qualité s'est révélée solide, même si le poids grimpe un peu par rapport à la Clifton 11, avec 267 grammes sur la balance, un drop de 8 mm et un tarif de 170 euros. Reste à savoir si ce virage plus tourné vers la performance tient la route sur la durée : c'est exactement ce que je vais vous livrer ici, mon avis sans détour après plusieurs semaines à courir avec.

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Quand une gamme aussi installée que la Clifton se voit affublée d'un petit "Pro" à côté de son nom, il y a de quoi hausser un sourcil. Ce modèle, c'est un peu la running du quotidien chez Hoka, celle qu'on enfile sans trop réfléchir pour avaler les kilomètres sans y penser. Alors la voir déclinée en version plus pointue, sortie en même temps que la Clifton 11 classique, ça m'a autant intrigué qu'un peu inquiété. Est-ce qu'on n'allait pas perdre ce qui fait le charme de la lignée en voulant la rendre plus performante ? J'ai chaussé la paire sur plusieurs sorties pour m'en faire une idée précise. Voici ce que j'en retiens.

RunMag, Hoka Clifton Pro. Les chaussures

La Clifton Pro dans la gamme Hoka

Depuis son lancement en 2014 (j'ai encore la première version dans la cave), la Clifton occupe une place à part chez Hoka. C'est elle qui a vraiment démocratisé l'idée d'une chaussure épaisse, légère et confortable, à une époque où la marque cherchait encore sa place face aux références plus établies du marché. Plus de dix ans après, la lignée reste la porte d'entrée logique pour qui découvre la marque, et elle alimente désormais une bonne partie des rotations d'entraînement chez les coureurs réguliers.

RunMag, Hoka Clifton Pro. Clifton Pro de profil

La Clifton Pro vient donc s'ajouter à la gamme sans la remplacer : la Clifton 11, plus classique, continue d'exister en parallèle. Elle se positionne un cran au-dessus, entre la daily trainer pure et les modèles pensés pour la performance, un espace que Hoka occupait jusque-là plutôt avec la Mach 6 et la Mach X 3. Elle emprunte d'ailleurs un peu à ces dernières dans l'esprit, sans pour autant rivaliser avec le tempérament plus incisif d'une Mach X. Dans la hiérarchie de la marque, on reste loin d'une Rocket X 3 ou d'une Cielo X1 3.0, réservées à la compétition pure, mais on s'éloigne aussi du confort tout en douceur d'une Bondi 9, taillée pour les sorties tranquilles et l'amorti maximal. La Clifton Pro se glisse dans cet entre-deux : suffisamment protectrice pour les gros volumes, suffisamment vive pour ne pas s'endormir sur les séances un peu plus posées.

RunMag, Hoka Clifton Pro. Preview, face externe

Caractéristiques techniques

Sur la balance, la Clifton Pro affiche un poids raisonnable compte tenu de son gabarit, 267 grammes, ce qui la place dans la moyenne plutôt basse des chaussures dites maximalistes, plus proche d'une chaussure qu'on utilisera au quotidien que d'un modèle de course pure. Elle se vend 170 euros, soit une dizaine d'euros de plus que la Clifton classique, un écart cohérent avec le changement de semelle intermédiaire.

RunMag, Hoka Clifton Pro. Clifton Pro de 3/4 avant

C'est justement là que se joue toute la différence avec le reste de la gamme. Hoka a développé pour l'occasion une nouvelle plateforme baptisée ProGlide+, qui associe une mousse EVA supercritique azotée à une géométrie de semelle revue, avec un MetaRocker nettement plus marqué que sur la Clifton 11. Cette mousse, plus légère et plus réactive que celle utilisée jusqu'ici sur la gamme, vise justement à corriger ce qu'on reprochait parfois à la lignée : un amorti agréable mais un peu mou, sans grand répondant sous le pied.

RunMag, Hoka Clifton Pro. Clifton Pro de 3/4 arrière

Le pied culmine à 42 mm au talon pour environ 34 mm à l'avant-pied, avec un drop de 8 mm, une valeur qui reste dans les habitudes de la marque (sur route, mais pas en trail). À noter, au passage, que le stack dépasse la cote autorisée par World Athletics pour les chaussures de compétition sur route : la Clifton Pro n'a de toute façon pas vocation à être utilisée en course officielle. Enfin sachez le.

RunMag, Hoka Clifton Pro. Preview, face interne

Sous le pied, la semelle extérieure utilise un caoutchouc Durabrasion, avec une couverture renforcée par rapport à la Clifton 11, en particulier sur les zones les plus sollicitées. L'objectif affiché est double : améliorer la durabilité d'une chaussure pensée pour le gros kilométrage, et sécuriser l'accroche sur des revêtements variés. La tige, elle, reste assez classique dans l'esprit Clifton, avec un mesh technique respirant, un col rembourré assez généreux, et une semelle de propreté à structure alvéolée qui participe au confort dès les premieres foulées.

RunMag, Hoka Clifton Pro. Preview, de profil

Le test terrain

Au chaussage, on retrouve immédiatement les repères Hoka : un accueil généreux au niveau de l'avant-pied, un maintien correct sur le médio-pied, et un talon plutôt bien enveloppé sans être trop serré. Rien de bouleversant dans la construction, la marque n'a clairement pas cherché à réinventer un fit qui fonctionne déjà bien sur la lignée Clifton, et je trouve que c'est plutôt une bonne nouvelle. Le col rembourré est confortable sans être oppressant, la tige respire correctement, et on sent dès les premiers mètres que la chaussure a été pensée pour accompagner de longues sessions sans créer de point de gêne.

RunMag, Hoka Clifton Pro. Test terrain, vue de côté

Sur le plan du confort justement, la Clifton Pro tient globalement ses promesses. L'amorti reste généreux, sans tomber dans la mollesse un peu passive d'une Bondi, et la transition talon-pointe se fait de façon fluide, portée par ce rocker plus marqué. Sur les footings tranquilles, j'ai apprécié cette sensation d'être posé confortablement sur la chaussure, sans jamais avoir l'impression de courir sur un coussin trop mou qui absorberait toute l'énergie. C'est un amorti qui protège sans étouffer, ce qui change un peu de l'image plus cotonneuse qu'on pouvait avoir des Clifton précédentes.

RunMag, Hoka Clifton Pro. Test terrain, vue latérale externe

Côté efficacité, c'est là que la nouvelle mousse SCF fait la différence. Dès qu'on accélère un peu l'allure, on sent un retour d'énergie plus marqué que sur une Clifton classique, avec une propulsion qui vient facilement soutenir la foulée. Sur des sorties à allure marathon ou sur des blocs tempo, la chaussure garde de bonnes sensations, loin d'être aussi affûtée qu'un modèle à plaque carbone évidemment, mais suffisamment vive pour ne pas se sentir freiné. En revanche, sur du travail plus court et plus explosif, type fractionné sur piste, elle manque un peu de la nervosité immédiate qu'on attend pour ce genre de séance : ce n'est tout simplement pas son terrain de jeu.

RunMag, Hoka Clifton Pro. Test terrain, vue avant externe

Le grip, lui, fait partie des bonnes surprises. Le caoutchouc Durabrasion assure une traction fiable aussi bien sur bitume sec que sur chaussée humide, sans glissade déstabilisante même sous la pluie. J'ai pu tester la paire après un orage et je n'ai jamais eu de doute sur la tenue au sol, ce qui n'est jamais garanti.

RunMag, Hoka Clifton Pro. Test terrain, vue avant interne

Sur le plan dynamique, le rocker plus prononcé donne une vraie personnalité à la foulée. On sent le pied guidé naturellement vers l'avant, sans effort particulier à fournir pour enclencher la transition. C'est agréable, presque ludique sur la durée, même si ça demande un petit temps d'adaptation les premières sorties, le temps de se laisser porter plutôt que de vouloir contrôler chaque appui. Le qualificatif que je donne souvent : c'est valorisant.

RunMag, Hoka Clifton Pro. Test terrain, vue de profil

Le revers de cette hauteur de semelle et de ce poids un peu plus élevé que sur une Hoka Mach par exemple, c'est une stabilité perfectible dans les virages serrés ou sur les changements de direction rapides : on sent qu'on a une chaussure haute sous les pieds, et il vaut mieux garder ça en tête sur des parcours sinueux.

Au final, l'usage qui lui correspond le mieux, ce sont les footings du quotidien, les sorties longues et les blocs d'entraînement marathon, sur route ou sur des revêtements roulants sans trop d'aspérités. C'est une chaussure taillée pour accumuler les kilomètres semaine après semaine, plutôt destinée aux coureurs réguliers qui ont déjà quelques objectifs en tête, moins aux débutants qui chercheraient avant tout de la simplicité. Elle trouve naturellement sa place dans une rotation, aux côtés d'une Mach X pour les séances plus rythmées, ou d'une Rocket X et d'une Cielo X1 pour la compétition pure.

RunMag, Hoka Clifton Pro. Test terrain, vue 3 quarts

En résumé

La Hoka Clifton Pro réussit son pari : injecter du peps dans une lignée réputée pour son moelleux, sans renier ce qui a fait son succès. J'apprécie particulièrement ce chaussant familier et rassurant, ce rocker qui facilite le déroulé du pied, et cette accroche fiable qui inspire confiance même par temps humide. À l'inverse, je regrette un tantinet le poids qui reste conséquent pour une chaussure qu'on voudrait parfois emmener sur des allures plus soutenues, ainsi qu'une stabilité perfectible dès que le tracé se fait sinueux. Reste que sur son terrain de prédilection, le gros volume et les longues distances, c'est une réussite convaincante qui mérite sa place dans la rotation des coureurs assidus, en complément d'une paire plus typée vitesse.

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