Le test complet des Asics SonicBlast 2

J’ai couru un mois avec l’Asics Sonicblast 2, la super trainer à plaque Pebax qu’Asics place entre la Novablast et les Metaspeed. 227g, 46mm de stack, 8mm de drop et 190€ : sur le papier c’est une chaussure faite pour les séances rapides et les sorties longues avec des blocs à allure marathon, pas pour les footings tranquilles. Après la première version qui m’avait laissé sur ma faim, j’ai voulu vérifier si l’allègement, la nouvelle plaque fourchue et le Trampoline Pod changeaient vraiment la donne. Séances de seuil, sortie longue de 28km, piste sous la pluie : je vous donne mon avis. P.S.: Je n'ai pas eu l'occasion de courir avec la première version.

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La gamme route Asics est devenue assez touffue depuis que la famille "Blast" s'est agrandie. Pour simplifier, on a la Novablast 6 pour l'entraînement quotidien, la Nimbus 28 pour les sorties longues en mode confort, la Superblast 3 comme chaussure premium à tout faire, la MegaBlast pour le rebond et le seuil, et tout en haut les Metaspeed Sky et Edge (mon test de la Metaspeed Sky Paris) pour la compétition avec plaque carbone. La Sonicblast se glisse entre la Novablast et les Metaspeed. C'est ce qu'on appelle maintenant une "super trainer" : une chaussure d'entraînement avec un stack supérieur à 40mm et une plaque, mais pas forcément en carbone pour laisser la primeur au haut de gamme, pensée pour les séances rapides et les sorties longues dynamiques. L'idée, c'est de garder les Metaspeed pour le jour J et d'avoir une paire moins exigeante (et moins fragile) pour s'entraîner aux allures de course. 

RunMag, Asics Sonicblast 2. Vue latérale

Caractéristiques techniques

Sur le papier, la Sonicblast 2 conserve la géométrie de la première : 46mm de stack au talon, 38mm à l'avant, donc 8mm de drop. Le poids officiel passe de 256g à 242g en pointure 42,5 homme : étrangge, car sur ma balance, en 42.5 toujours, elle pèse 227g. C'est assez léger pour une chaussure aussi stackée et pas non plus typée full perf.

RunMag, Asics Sonicblast 2. Vue 3 quarts avant

La semelle intermédiaire combine deux mousses. En bas, le FF Blast Max, un EVA assez dense qui sert de base stable. En haut, directement sous le pied, le FF Turbo2, la mousse en TPU aliphatique qu'Asics utilise sur ses modèles de compétition, ici dans une formulation un peu assouplie par rapport à la version 1. Entre les deux, une plaque Astroplate en Pebax, donc en nylon et pas en carbone, qui change de forme : elle est maintenant fourchue, c'est à dire fendue au niveau de l'avant-pied pour laisser plus de liberté au déroulé. Sous l'avant du pied, Asics a ajouté un "Trampoline Pod", une capsule en A-TPU intégrée à la semelle extérieure, qui est censée donner le petit rebond supplémentaire à la relance. Le talon a été rebiseauté pour que l'attaque soit plus ronde, c'était un des reproches faits à la première. Au dessus le contrefort prend cette forme en forme d'aileron (c'est Hoka qui avait lancé cette mode je crois) : je n'en vois pas trop l'intérêt.

RunMag, Asics Sonicblast 2. Zoom sur la languette

La tige est un mesh technique entièrement perforé, en polyester recyclé à 75%, avec une languette fine montée en soufflet et un contrefort de talon rigide mais bien rembourré. La chaussure est vegan (ça c'est vraiment du marketing). Dessous, le caoutchouc AsicsGrip couvre bien l'avant-pied et le talon, avec une bande de mousse exposée au milieu pour économiser du poids. Asics décrit la chaussure comme neutre en terme de foulée, mais la semelle s'évase assez pour qu'Asics la recommande aussi aux supinateurs.

RunMag, Asics Sonicblast 2. Preview, 3/4 devant

Le test terrain

Première surprise au déballage : la chaussure est plus jolie que ce que j'ai vu de la version 1, avec un look un peu rétro qui me plaît bien, et surtout elle paraît tout de suite assez légère en main. Au chaussant, je taille comme dab en 42.5 et ça tombe juste, avec juste ce qu'il faut devant les orteils. L'avant-pied est assez volumeux, même si les pieds vraiment larges risquent de trouver ça un peu juste. Le mesh tient bien le pied sans écraser, la languette ne bouge pas, et je n'ai pas perçu le frottement au talon que certains avaient connu sur la version 1. Le confort statique est correct sans être premium : on sent qu'on n'est pas dans une Nimbus. On est debout sur un gros stack, et la première sensation en marchant, c'est une certaine rigidité du milieu de la chaussure. Faut courir pour que ça prenne du sens.

RunMag, Asics Sonicblast 2. Le test terrain, l'avant en rase-motte

Et justement, en course, le confort dépend beaucoup de l'allure. En footing tranquille, autour de 5'30/km, je ne suis pas fan. La plaque se fait sentir au milieu du pied, la chaussure a tendance à claquer au sol et on a l'impression de courir sur une planche un peu épaisse. C'est moins marqué que sur la première Sonicblast, le nouveau biseau du talon fait son travail, mais c'est encore là. Les jours de jambes lourdes (typiquement après un trail comme l'UTMJ tout récemment), ce n'est pas la paire que je prends.

RunMag, Asics Sonicblast 2. Le test terrain, 3/4 externe

Dès qu'on descend sous 4'45/km, tout change. Le rocker s'enclenche, la rigidité devient un atout et la mousse FF Turbo2 absorbe sans mollesse. J'ai fait une sortie longue de 18km avec des blocs à allure marathon et je suis rentré sans cette sensation où "ça tape" dans les cuisses, ce qui pour une chaussure de 225g est plutôt rassurant. L'amorti est protecteur mais ferme, c'est le mot qui me vient avec cette chaussure : ferme.

RunMag, Asics Sonicblast 2. Le test terrain, le devant par dessus

C'est sur les séances de seuil et de tempo que la Sonicblast 2 justifie son existence. A 4 au kil pour moi, la transition est fluide, le pied roule vers l'avant et le Trampoline Pod donne un vrai coup de pouce à la fin du déroulé. Pas l'effet catapulte d'une Metaspeed, mais une relance nette et surtout régulière. Sur du fractionné plus court, 400m ou 1000m, elle fonctionne aussi, mm si on sent un peu plus les 46mm de stack quand il faut vraiment changer de rythme. Le point important à avoir en tête, c'est que la chaussure rend ce qu'on lui donne : si on pose le pied mollement, elle ne renvoie pas grand chose. Il faut appuyer.

Pas de pb du côté de l'accroche. L'AsicsGrip accroche bien sur bitume sec, et j'ai eu droit à qq séances sous la pluie sur route mouillée, sans aucune glissade, mm dans les virages serrés. La semelle évite aussi de ramasser les petits cailloux. En revanche, j'ai essayé une portion de chemin en herbe et de sentier roulant en bordure de forêt, et là le Pod sous l'avant-pied se fait sentir : la chaussure bascule un peu sur les irrégularités. Restez sur le dur, c'est une chaussure de route et elle ne prétend pas autre chose.

RunMag, Asics Sonicblast 2. Le test terrain, Zoom 3/4 avant

Le ressenti général est celui d'une chaussure stable et contrôlée, bien plus que ce que son stack laisse imaginer. Le FF Blast Max dense en base, l'évasement de la semelle et la plaque font qu'on ne s'enfonce pas et qu'on ne vacille pas, là où une Superblast 3 ou une Megablast peuvent donner cette impression de flottement. Le rebond existe, mais il est sec, pas moelleux. Ceux qui aiment les mousses qui s'écrasent et renvoient fort, façon Rebel ou Evo SL, vont la trouver un peu austère. Moi j'aime bien ce côté prévisible, surtout en fin de séance quand la foulée se dégrade. Un bémol : la plaque reste rigide, et après ma première séance j'ai eu les tendons d'Achille un peu tendus. Ça s'est calmé dès la deuxième sortie, mais si vous êtes fragile de ce côté là, allez-y progressivement.

RunMag, Asics Sonicblast 2. Le test terrain, 3/4 derrière

Usage type, distance, terrain

Pour moi, la Sonicblast 2 est une chaussure de séance : seuil, tempo, intervalles longs, et sorties longues avec des blocs rapides. Elle peut faire une paire de course du 10km au marathon pour qui vise autour de 45 minutes sur 10km ou qui trouve les chaussures carbone trop instables. En revanche, pour les footings de récupération, il vaut mieux garder une Novablast ou une Nimbus à côté. Et comme je le disais, route et piste uniquement. Pour ce qui est de la durabilité, je ne saurais dire. Quand même, je tablerais sur 500 à 600km sans problème, les mousses Asics vieillissant plutôt bien.

RunMag, Asics Sonicblast 2. Le test terrain, profil

Les alternatives chez la concurrence

La comparaison la plus évidente, c'est la Saucony Endorphin Speed 5 : mm concept, plaque nylon, mousse PWRRUN PB, mais un stack plus modéré et un ressenti plus équilibré qui la rend plus facile à vivre en footing. La Sonicblast 2 est plus haute, plus ferme et plus protectrice sur long. La New Balance FuelCell SC Rebel joue dans la mm cour avec un stack inférieur de 6mm, une mousse plus souple et un avant-pied plus vif : elle se rapproche plus d'une chaussure de course, là où l'Asics reste une chaussure d'entraînement. La adidas Adizero Evo SL, une trentaine d'euros moins chère, sans plaque, est la réponse de ceux qui veulent le rebond sans la rigidité, et l'Adizero Boston 13 est sans doute la plus proche en philosophie, avec sa plaque et son usage tempo. Chez Asics même, la question se pose avec la Megablast, plus rebondissante et plus adaptée au seuil pur, mais plus étroite devant et moins stable, et avec la Superblast 3, plus confortable sur les sorties longues mais 30€ plus chère.

RunMag, Asics Sonicblast 2. Preview 3/4 talon

Conclusion

La Sonicblast 2 a perdu du poids. Elle offre aussi un avant-pied correctement volumineux et la relance est bienfranche grâce au Trampoline Pod. J'apprécie sa stabilité étonnante pour 46mm de stack, son accroche fiable sous la pluie, sa tige respirante qui tient bien le pied et cette régularité qui fait qu'on la retrouve identique du début à la fin d'une séance. Je suis moins convaincu par sa raideur en footing lent, où elle reste bruyante et un peu plate, par son amorti ferme qui ne plaira pas à ceux qui cherchent du moelleux, et par un tarif de 190€ qui pique pour une paire destinée avant tout à l'entraînement. C'est une chaussure qui sait ce qu'elle veut : aller vite, et elle le fait bien, à condition qu'on lui demande.

 

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