Le test de la Salomon SpeedCross 6, peut mieux faire

Les Salomon SpeedCross sont de ces chaussures qui ont marqué l'histoire du trail. Apparues à une époque où il y avait peu d'alternatives, aidées par une semelle très cramponnée et les protections nécessaires à la navigation en sentiers, les SpeedCross ont assez vite connu le succès. Aujourd'hui et depuis plus de 10 ans, la concurrence s'est développée, et nous avons voulu regarder ce que valait cette SpeedCross 6 qui a finalement peu évolué.

Salomon a beaucoup travaillé ces dernières années, et une forte refonte de la gamme trail est en cours. Ainsi les Salomon S/LAB Pulsar, S/LAB Genesis, la gamme Phantasm, la Gamme Pulsar avec la Salomon Pulsar Trail, les Ultra Glide 2 qui arrivent, une gamme qui ressemble assez peu à ce que la gamme faisait il y a quelques années, et encore moins à cette SpeedCross 6 qui est sortie il y a peu.

La Salomon SpeedCross 6 de profil

Le profil bien reconnaissable de la SpeedCross : drop important, talon très présent, démarcation nette entre l'avant et l'arrière de la semelle (un peu comme des chaussure de rando).

Les SpeedCross 6 sur le papier

La SpeedCross possède un drop assez important de 10 mm, couplé à une hauteur de semelle de 32 mm sous le talon. On, remarque aussi ce décroché dans la semelle, sur la photo ci-dessous, quelque chose qu'on ne voit plus trop sur les chaussures récentes. Difficile de savoir si c'est un choix guidé par la technique, ou par le marketing qui souhaite conserver ce style bien caractéristique de la SpeedCross depuis de longues années.

Les Salomon SpeedCross 6

Le look caractéristique de la SpeedCross, un peu rétro, avec ses crampons qui remontent sur le devant. La semelle intermédiaire est en EnergyCell, avec un parement qui se prolonge jusqu'à la tige, qui devrait garantir une bonne durabilité et un bon maintien du pied.

Parlons du style. On ne peut pas être insensible lorsqu'on pratique le trail depuis longtemps. C'est, à peu de choses près, ce que portait Kilian Jornet à ses débuts, et c'est aussi ce qui plait dans la mode lorsqu'on voit certaines stars porter du Salomon aux pieds.

La semelle extérieure surprend visuellement. La SpeedCross est connue pour son excellente accroche dans la boue, et il suffit de regarder les crampons pour comprendre pourquoi. Pourtant, la marque n'annonce que 5 mm d'épaisseur. C'est plus leur espacement, leur relative étroitesse et leur forme anguleuse, qui leur permet de s'enfoncer dans la terre meuble. A l'inverse, cela n'offrira pas un bon grip sur la roche, au contraire : une faible surface de contact réduit la friction (et donc ça glisse).

Les terribles crampons de la Salomon SpeedCross 6

Des crampons très marqués, garantissant une forte accroche dans la terre, mais moins sur la roche. On remarque un dessin plutôt propice aux talonneurs.

Première sensations

La chaussure s'enfile s'en forcer, la languette joue bien son rôle. Elle est largement rembourrée et bloque bien le haut du pied. Le système de laçage quickfit de la marque manque éventuellement de puissance si vous aimez être très bien tenu. La petite pochette sur le haut de la languette permet de ranger le supplément de lacets. Le pied est très bien protégé de l'extérieur.

Zoom sur la tige de la Salomon SpeedCross 6

La tige est doublée d'une tissu assez fin qui recouvre toute la languette.

La couche de tissu supplémentaire qui s'arrête juste avant les derniers oeillets apporte un complément de protection (thermique et contre les éclaboussures). On perçoit une petite sur-pression sous le pied, probablement du fait de la semelle de propreté de la chaussure, qui peut éventuellement gêner le temps qu'elle prenne l'empreinte.

Salomon SpeedCross 6 de 3 quarts avant

Une chaussure assez fine sur l'avant, qui offre de la précision, au détriment de la stabilité.

Le test des SpeedCross 6

Le drop important se ressent très nettement. La marque annonce 10 mm, mais on a l'impression que c'est plus. Il semble d'ailleurs que les modèles antérieurs étaient plutôt posés à 12 mm. Il faut s'y faire, surtout si vous avez une foulée plutôt à plat et pas trop talonnante. A l'inverse, cela peut vous plaire.

Le test des Salomon SpeedCross 6

L'épaisseur de la mousse est conséquent, et heureusement car celle-ci est assez ferme. L'amorti n'est pas des meilleurs, surtout sur l'avant. Cela se ressent sur les parties roulantes, le temps d'arriver sur les sentiers. Ainsi la SpeedCross est d'abord faite pour la forêt. La chaussure n'est pas très souple, le talon et la rupture dans la semelle au milieu n'offrent pas un très bon déroulé du pied. En gros, ça tape un peu.

La hauteur de la chaussure et la relative fermeté de la semelle ne la rend pas très stable dans les zones techniques. A l'arrêt, ou en ligne droite sur un sol plat, on a la sensation d'un pied bien calé, mais il peut soudainement basculer sur les côtés sans prévenir. C'est la résultante du levier imposé par le talon. Soyez prudent en dévers ou sur les terrains chaotiques : une semelle plus souple "prévient" en générant un peu de roulis, ici ça part d'un coup.

Le gros talon (rop gros) de la Salomon SpeedCross 6

Ce talon très marqué, le vrai point faible de la chaussure qui pourra surprendre en terrain technique.

L'empreinte au sol plus étroite que la moyenne, surtout à l'avant, apportera de la précision, mais cela n'améliore pas ce manque de stabilité. Pour ces raisons, c'est une chaussure qu'on pourra conseiller à un coureur expérimenté qui talonne, mais pas à un débutant.

Alors que la SpeedCross est positionnée par la marque plutôt aux débutants, il faut une assez bonne qualité de pied et de la confiance dans ses appuis. On regrette aussi que le système quicklace ne propose pas d'options dans le laçage : pas d'oeillets supplémentaires en haut, pas aussi puissant qu'on voudrait dans la tension.

Le test des Salomon SpeedCross 6

L'Avis RunMag

La SpeedCross 6 souffre un peu de son design qui commence à dater, là ou la concurrence propose souvent des chaussures plus efficaces, mieux amorties et plus stables, tout en offrant de bonne sensations sur la route. Ses qualités premières (les crampons et une certaine protection contre le terrain / les intempéries), ne suffisent pas à en faire une bonne chaussure de trail en 2023, surtout si on s'adresse à des débutants. Selon nous, c'est plus un exercice de style, et de vouloir maintenir un modèle historique, qu'une chaussure de trail qu'on recommande. Pour cela, on vous suggère de loin les Salomon UltraGlide (bientôt le test des UltraGlide 2), les Pulsar Trail ou les S/LAB Genesis, de très bons produits.

Où acheter ces chaussures de trail Salomon