Le test des Saucony Ride 19, toujours aussi agréables

Avec cette 19ᵉ édition, Saucony fait évoluer sa Ride vers plus de confort : la mousse PWRRUN+ reformulée remplace le PWRRUN historique de la version précédente, le stack grimpe à 36 mm au talon pour 28 mm à l'avant-pied, et le drop reste fidèle à ses 8 mm habituels. Sur la balance, la chaussure affiche environ 255 grammes, pour un tarif de160 €. Après plusieurs semaines à l'utiliser sur mes sorties du quotidien, entre confort, accroche et polyvalence, voici mon avis terrain complet sur cette Saucony Ride 19.

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Il y a des chaussures qu'on enfile sans réfléchir. Pas parce qu'elles sont exceptionnelles sur un point précis, mais parce qu'elles ne posent jamais de question. Pas de zone de frottement à surveiller, pas d'amorti à apprivoiser, pas de mauvaise surprise au bout de 12 km. La Saucony Ride appartient à cette catégorie de chaussures qu'on ne remarque plus vraiment, et c'est précisément ce qui en fait, année après année, l'une des meilleures ventes de la marque. Cette fois, c'est la Ride 19 qui passe entre mes mains, et quelques sorties autour de chez moi et à Saint-Jean, voici ce que j'en retiens. Pour mémo, j'avais déjà testé les Saucony Ride 18.

Saucony Ride 18, vue 3 quarts avant

La Saucony Ride 18 ci-dessus, la Saucony Ride 19 ci-dessous.

Saucony Ride 19, vue 3/4 avant

La Ride dans la gamme Saucony : la polyvalente historique

Chez Saucony, la hiérarchie est plutôt claire. Il y a la Kinvara 16, très légère et nerveuse, pensée pour les allures rapides et le fractionné à petit prix (une des meilleures dans cette catégorie). Il y a la Guide (très proche de la Ride), plus stable, destinée aux coureurs qui cherchent un peu de maintien anti-pronation. Il y a l'Endorphin Speed 5, taillée pour le tempo et la course sur route. Et il y a la Saucony Triumph 23, tout en confort et en amorti généreux, réservée aux longues distances où l'on ne cherche pas la performance mais l'arrivée.

La Ride, elle, se glisse pile entre toutes ces spécialistes. C'est la généraliste de la gamme, celle qu'on recommande à peu près à tout le monde parce qu'elle ne prend jamais vraiment de risque. Avec cette 19ème édition, Saucony ne cherche pas à réinventer la formule, mais à la faire évoluer sur les trois points qui comptent vraiment sur ce type de chaussure : la mousse, le volume d'amorti et la tige.

Les caractéristiques techniques de la Saucony Ride 19

Sur la balance, ma paire affiche 271g en 42.5 (enfin la chaussure), quand la marque annonce plutôt 255g : attention messieurs-dames du marketing. Rien d'alarmant, ça reste tout à fait dans la moyenne du segment. Il faudra débourser 160 € pour se l'offrir en attendant les soldes qui ne manquent jamais d'arriver. Tout cela reste cohérent avec le positionnement milieu-haut de gamme de la chaussure.

Le changement le plus notable se situe sous le pied. Saucony abandonne la mousse PWRRUN classique de la Ride 18 pour une semelle intermédiaire entièrement réalisée en PWRRUN+, un TPU expansé plus onéreux à produire mais reconnu pour son amorti plus souple et son meilleur retour d'énergie. Le stack grimpe en conséquence, autour de 36 mm au talon pour 28 mm à l'avant-pied selon la fiche technique.

Le drop, lui, ne bouge pas : toujours 8 mm, une valeur intermédiaire qui convient aussi bien aux attaques médio-pied qu'aux attaques talon, et qui a toujours été la marque de fabrique de cette gamme. Sous la semelle, la gomme XT-900 a été redistribuée, avec davantage de matière à l'avant-pied et de nouvelles rainures de flexion : c'était l'un des reproches faits à la version précédente, dont la durabilité de la semelle extérieure laissait parfois à désirer, et Saucony semble avoir pris le problème au sérieux. On remarquera aussi des petite plots qui font penser à des crampons élimés, amusant.

Côté tige, on trouve un mesh technique inédit, plus respirant et plus élastique que celui de la Ride 18, associé au système FORMFIT maison qui superpose trois éléments : une semelle de propreté qui épouse le pied, une semelle intermédiaire qui absorbe les chocs, et une tige qui enveloppe sans jamais comprimer. Enfin, la géométrie profite de la technologie Speedroll, un profil arrondi qui accentue le rocker pour fluidifier chaque transition.

Le test terrain

Dès l'enfilage, le plaisir est immédiat. Le col est généreusement rembourré, tout comme la languette, et l'ensemble talon-cheville tient le pied sans jamais serrer. La toe-box est large, ce qui devrait plaire aux coureurs aux pieds plutôt forts ou à ceux qui gonflent un peu en fin de sortie longue. Le maintien du médio-pied est précis sans être contraignant, et je n'ai ressenti aucune zone de compression ni de point de pression particulier. La chaussure chausse peut-être légèrement large pour les pieds fins, donc pas besoin de prendre une demi-pointure au-dessus. Ce qui frappe surtout à la marche, c'est cette sensation de moelleux immédiat sous le talon, sans pour autant que le pied s'enfonce ou perde en stabilité : le socle reste large et solide malgré le volume de mousse ajouté.

Sur le plan du confort pur en course, la Ride 19 fait clairement un pas en avant par rapport à sa devancière. La mousse PWRRUN+ absorbe bien les impacts répétés du bitume et conserve son moelleux même après plusieurs dizaines de kilomètres accumulés, sans s'affaisser ni durcir prématurément. C'est exactement le genre de sensation qu'on recherche pour les footings de récupération ou les sorties du dimanche matin où l'objectif n'est pas la vitesse mais le plaisir d'enchaîner les kilomètres sans y penser. Le rembourrage généreux autour de la cheville participe aussi à cette impression de confort enveloppant, sans jamais donner la sensation d'être trop serré ou trop chaud. Sur ce point, je pense à la Brooks Ghost 18 que j'ai testée en parallèle : la Saucony est clairement plus moderne que la Brooks plus rigide.

La Ride 19 n'est pas une foudre de guerre et ne cherche pas à l'être. Le rocker Speedroll facilite grandement le déroulé du pied et donne une sensation de fluidité à chaque foulée, mais la réactivité de la mousse reste correcte plutôt qu'exceptionnelle : il faut s'engager musculairement pour en tirer le meilleur. Sur des allures modérées à soutenues, la chaussure répond bien présent et accompagne sans broncher les changements de rythme. En revanche, dès qu'on pousse sur du fractionné court à allure vive, en dessous des 4' au kil, on sent que la chaussure atteint ses limites : le poids et la souplesse de la mousse, qui font tout son charme sur les sorties tranquilles, deviennent un frein sur les efforts les plus intenses.

Sur le sec, l'accroche est irréprochable. La nouvelle disposition de la gomme assure une adhérence solide sur le bitume comme sur les revêtements stabilisés, et je n'ai jamais ressenti de glissement inquiétant, même en changeant brusquement de direction. Le bémol arrive avec la pluie : sur route détrempée, en particulier dans les virages serrés ou lors de freinages un peu appuyés, le grip devient nettement moins rassurant. Rien de dangereux dans l'absolu, mais c'est un point de vigilance si vous courez régulièrement sous une météo humide, je pense aux Bretons l'hiver :).

Du côté des sensations dynamique, malgré un poids qui ne fait pas de la Ride 19 une chaussure légère (je dis ça mais 270g ça reste très correct, il ne faut pas exagérer), la sensation en course est plus vive que ce que le chiffre sur la balance laisse imaginer. Le rocker plus prononcé, avec un biseau de talon plus marqué et une courbe avant-pied qui démarre plus tardivement, aide à propulser le pied vers l'avant sans effort particulier. Le rebond de la mousse reformulée se fait sentir, surtout à l'avant-pied, sans pour autant rivaliser avec l'Endorphin Speed 5 ou même la Triumph. On sent d'ailleurs que la technologie PWRRUN+ commence sérieusement à dater face à ces compositions plus modernes, un axe d'amélioration assez évident pour une future version 20.

Usage type, distance et terrain

La Ride 19 est taillée pour le bitume et les chemins stabilisés (évidemment pas pour le trail). C'est une chaussure d'entraînement quotidien par excellence : footing de récupération, endurance fondamentale, sortie longue à allure tranquille ou séance à rythme modéré, elle coche toutes les cases sans jamais forcer. Elle peut aussi accompagner un semi-marathon ou un marathon couru en mode plaisir, sans chercher la performance chronométrique, l'amorti généreux protégeant bien les articulations sur la durée. En revanche, mieux vaut lui préférer une chaussure plus typée vitesse, comme la Kinvara ou l'Endorphin Speed de la même marque, dès qu'il s'agit de séances de fractionné ou d'objectifs de course rapide.

En résumé

Au terme de ce test, la Saucony Ride 19 confirme tout ce qu'on attendait d'elle : une chaussure fiable, agréable et généreuse en amorti, qui progresse sensiblement par rapport à la version 18 grâce à sa nouvelle mousse PWRRUN+, son stack revu à la hausse et sa tige plus enveloppante, tout en corrigeant intelligemment le défaut de durabilité de sa gomme extérieure qu'on lui reprochait auparavant ; j'apprécie particulièrement son confort immédiat, son chaussant équilibré et sa polyvalence au quotidien, même si je regrette une adhérence "peut mieux faire" sous la pluie et une formule d'amorti qui commence doucement à montrer son âge face aux compositions plus modernes déjà présentes ailleurs dans la gamme de la marque, deux réserves mineures qui n'empêchent pas cette V19 de rester une valeur sûre pour tout coureur cherchant une seule et même paire capable d'absorber la majorité de ses kilomètres hebdo.

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