Le test des On Cloudboom Echo, la chaussure carbone pour le marathon

L'année dernière la marque Suisse lançait son premier modèle de running à plaque carbone, la On Cloudboom. Particulièrement nerveux, ce premier modèle avait surpris la communauté, avec quelques critiques quant à sa capacité à accompagner les coureurs sur les distances classiques des semi et marathons. Cette nouvelle chaussure semble plus tolérante, peut-être plus adaptée aux coureurs "non-élites". Voici notre test détaillé.

Présentation

Dans la foulée mi-marketing et mi-technologique des autres marques du secteur, On Running est en train de lancer son nouveau modèle à plaque carbone. Moins radicale que la Cloudboom première version que nous avions trouvée presque trop élitiste, cette variante affublée du substantif "echo" est pensée pour un public plus ouvert et, disons, pour les distances plus longues. Nous n'avons pas couru un marathon avec cette CloudBoom Echo, mais assez longtemps pour donner notre avis sur le produit.

La semelle mi-classique, mi-clouds de la On CloudBoom Echo

A la différence des autres modèles running de la marque On, la semelle n'est pas totalement couverte de "clouds" (techno cloudtec). ici l'avant est plus classique et d'un seul tenant. Voir par exemple la On CloudFlow ou la On CloudFlyer.

Poids, Drop, Technologie

La On CloudBoom Echo au zoom 3/4 avant

Plaque carbone donc, qu'on peut voir sur cette photo de profil. La plaque apparait, prise en sandwich, entre la semelle intermédiaire et le dispositif des clouds.

Avec un poids annoncé de 220g, c'est une chaussure assurément très légère, sans pour autant atteindre les chiffres extrêmes des Nike VaporFly, Adidas Adizero Adios Pro et Asics MetaSpeed. La marque annonce une épaisseur de 35mm au talon, avec un drop de 8mm, là où la concurrence exploite le maximum de l'épaisseur autorisée pour homologuer une chaussure en compétition (précisément 40mm). C'est peut-être aussi un choix chez ON qui a toujours voulu se différencier sur le marché, preuve en est la technologie "Cloudtec". Ceci-dit, la semelle extérieure est ici plus classique qu'à l'habitude avec seulement la moité arrière avec des clouds.

Comme toujours chez On, la qualité de fabrication est là. Un tissu très fin, de belle facture. Une maille plutôt resserrée sur l'arrière, moins sur l'avant du pied au dessus des orteils pour l'aération. Les lacets livrés avec les chaussures sont très fins, trop fins selon nous. C'est bien entendu une considération personnelle, mais on conseille de les changer pour des lacets plus épais et plus souples, ce qui offre plus d'élasticité dans le laçage. La languette est en effet peu rembourrée et on apprécie un peu plus de tolérance sur le coup de pied. A l'inverse les oeillets, les passants des lacets sont intégrés à une tige assez renforcée ce qui donne du maintien à la tige.

La languette et les fins lacets de la On CloudBoom Echo

Le test terrain

Premier essai de la CloudBoom Echo. On découvre une chaussure clairement pensée pour la performance, une tige et une languette très légère, un tissu tout aussi léger, mais également une semelle étonnamment souple et amortie, plus spécifique à une chaussure d'entrainement classique.

A l'impact, lorsque la semelle intermédiaire s'écrase, la mousse se comprime fortement avec une sensation particulière : une fois écrasé, le cloud se déforme aussi de manière longitudinale ce qui accroit l'amorti général. C'est un peu déroutant au début, on perçoit une sorte de "dérive" de la chaussure  qui donne une impression d'imprécision dans la pose du pied. On s'y fait, et finalement la sensation est agréable, on y trouve une certaine efficacité amorti / rebond.

Test de la On Cloudboom Echo

Nous aurions aimé un talon un peu plus rembourré, le contact à l'arrière est un peu dur. Alors que les excellentes sensations d'amorti en font une chaussure plus confortable qu'il n'y parait, l'arrière de la CloudBoom est plus rêche que le reste. Sinon, alors que la tige est plutôt "fit", l'avant est assez volumineux et laisse de la liberté aux orteils, c'est plutôt agréable et cela contribue là aussi au confort du produit.

Sur le plan dynamique. La CloudBoom Echo possède une semelle cambrée, en particulier sur l'avant du pied qui facilite la bascule pendant la foulée. Ce n'est cependant pas très marqué comparativement à d'autres chaussures que nous avons testées (les Asics GlideRide par exemple ou les Asics MetaSpeed) et on le ressent surtout au dessus de 15km/h lorsqu'il devient vraiment nécessaire de pousser sur le pied. Il s'agit avant tout d'une chaussure qui révèle ses qualités lorsqu'on va vite, lorsque la plaque carbone entre en action.

Test de la On Cloudboom Echo

Avec un talon relativement souple mais un avant de chaussure plutôt ferme, le pied fait corps avec la chaussure. Pour autant la mousse de la semelle intermédiaire presque molle offre une sensation étrange qu'on ne retrouve pas sur d'autres modèles. Le pied est très bien tenu, comme fixé dans la chaussure, mais on peut ressentir un manque de stabilité global lorsqu'on zigzague. C'est d'abord une chaussure pour courir en compétition ET pour les coureurs exercés qui ont le pied et la cheville solides.

L'avis RunMag

La grande question concerne évidemment l'efficacité de la plaque carbone. Nous ne sommes pas tous des champions capables d'exploiter ces chaussures très techniques au maximum de leurs capacités. On ne conseillera pas les Endorphin Pro, les Asics MetaSpeed ou les Nike Vaporfly à un coureur qui souhaite "juste" la meilleure chaussure de running. A l'inverse On délivre ici un produit destiné aux bons coureurs mais qui veulent surtout de l'amorti. Moins radicale que la petite soeur, elle répond mieux, selon nous, au marché des coureurs de bon niveau (grand public) qu'à celui des coureurs élites.