Le test complet des ON Cloud Ultra 3, enfin une vraie chaussure d'Ultra ?

Au premier regard, la CloudUltra 3 de ON ne laisse pas indifférent. Avec son profil harmonieux et son coloris blanc/jaune attrayant, la marque suisse prouve encore une fois qu'elle sait faire de belles chaussures. Mais sur les sentiers, l'esthétique ne suffit pas, surtout quand l'automne rend le terrain gras et exigeant. Annoncée comme plus confortable et repensée pour l'ultra-trail, cette V3 promet de corriger les défauts d'adhérence de ses aînées tout en restant robuste. Est-ce suffisant pour en faire votre alliée sur 160 km ? Nous l'avons poussée dans ses retranchements pour voir ce qu'elle a vraiment dans le ventre (et sous la semelle).

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Présente depuis 10 ans dans le domaine du trail running, "ON" est une marque suisse jeune mais déjà bien installée dans les pelotons et chez les runners plus globalement. Son style (les clouds) est un marqueur important de la marque, tout comme son petit drapeau suisse sur le côté latéral des chaussures. La troisième version de la CloudUltra capitalise sur les retours de la V2, pour proposer une nouvelle paire plus épurée, destinée aux coureurs sur long/ultra trail, en recherche de confort.

On Runnning Cloudultra 3, vue latérale

Présentation générale

La CloudUltra 3 est une chaussure très agréable à regarder. Moins massive et moins haute que la version 2, son profil général est harmonieux et cette couleur blanche/jaune est attrayante… mais tellement pas compatible avec la pratique du trail en automne/hiver actuellement !

On Runnning Cloudultra 3, le talon arrière

Quelques chiffres :

  • 285 grammes sur la balance en taille 42,5
  • Un drop presque classique de 6 mm
  • Une version avec 4 coloris identiques pour les femmes et pour les hommes (noir complet, blanc/jaune, gris/blanc et gris/orange)
  • À 200 euros, le prix est dans la fourchette haute de ses concurrents (autour de 160/180 euros en moyenne sur ce type de gamme).
On Runnning Cloudultra 3, le pare-pierres à l'avant

La technologie cloud de la chaussure est évidente à l’œil nu mais elle est plus discrète que sur d’autres modèles, notamment la CloudUltra 2. Au niveau de la semelle plus globalement, on a un travail de la marque en trois temps :

Au niveau de la semelle extérieure, ON a fait évoluer sa copie en améliorant le grip (problème historique chez ON) avec des chevrons de 3,5 mm multidirectionnels. Visuellement, je suis étonné de la large bande et du creux au milieu de la semelle qui, pour moi, favorise l’accumulation de terre en terrain gras/humide.

On Runnning Cloudultra 3, la languette et les lacets

Au niveau de la technologie Cloud, on a une petite plaque jaune, dure, censée favoriser le retour plus dynamique et permettre plus de stabilité, ce que nous verrons dans le test. Coté semelle intermédiaire  : une mousse Helion (EVA + OBC) et Helion HF en PEBA. Quand on tâte la mousse, c’est plutôt rigide et moins moelleux que sur d’autres chaussures.

Pour la tige, la marque propose un nouveau tissage double couche "lino weave" que j’apprécie particulièrement : très aéré mais solide avec un côté rêche, je me sens rassuré par ce genre de mesh sur le long. Le chausson est largement renforcé à l’avant du pied par une large bande de TPU qui se prolonge de façon moins durcie tout autour de la chaussure.

On Runnning Cloudultra 3, crampons de 3 mm

A l'arrière au talon, je trouve que la marque suisse a fait le strict minimum, avec un léger renfort de mousse mais rien de très protecteur ou confortable pour la cheville (le chausson ne remonte pas très haut, et moins que sur la précédente version).

En revanche, la languette est très bien travaillée : aérée dans la même logique que le mesh avec des petits trous, il y a même des petits renforts pour donner un côté moelleux et bien caler le pied. Le choix de lacets plats permet de bien ajuster et fixer sa chaussure. On observe qu’il n’y a pas de poche avant pour disposer le reste des lacets, ce qui représente désormais un standard appréciable notamment pour les ultras, pour éviter d’accrocher les branchages par exemple.

Preview On Runnning Cloudultra 3

On a une chaussure plutôt sobre, ce que j’aime assez pour une chaussure de trail. Le rappel léger du drapeau suisse est un beau clin d’œil à la marque et même le nom ON RUNNING sur la face externe du chausson n’est pas trop imposant grâce au bon mix de couleurs (un peu quand même). En raison de la proximité du modèle avec la CloudUltraPro, j’aurais peut-être apprécié, soit une différence de style extérieur plus prononcée, soit le rappel du nom de façon visible comme sur d’autres modèles de d’autres marques.

Test des On Runnning Cloudultra 3

Le test

Le chausson enveloppe bien le pied et la languette est un vrai plus pour permettre au pied de trouver son équilibre. En revanche, je reste convaincu que la marque devrait investir sur des renforts plus importants au niveau du talon. A l’avant du pied, les orteils manquent un peu de place. En sautillant sur place, on ressent moins le moelleux qu’on attend sur ce genre de chaussure. Il y a une forme de rigidité un peu perturbante mais qui se gomme progressivement après quelques sorties.

Pendant presque un mois, j’ai pu enchaîner différentes configurations de course pour pousser le modèle sur ses limites (bitume, terre, terrain gras, terrain rocailleux). L’impression de rigidité initiale s’estompe au fur et à mesure des kilomètres. Le pied s’habitue et on découvre plus de moelleux en mouvement. En revanche, en lien avec cette semelle, je n’identifie pas un grand intérêt à la plaque, si ce n’est de permettre une plus grande stabilité de la chaussure, notamment dans les pentes marquées.

Test des On Runnning Cloudultra 3

Le chausson est bien plus agréable que l’analyse visuelle initiale ne le laissait penser. Je n’ai pas un pied très large mais j’ai bien trouvé ma place et je me suis senti sécurisé dans ce chausson, tout en profitant d’un mesh très respirant, qu’on apprécie encore plus avec ce temps automnal pluvieux.

Si la nouvelle semelle extérieure, a plutôt une bonne accroche, y compris en terrain gras, on observe tout de même deux zones d’accumulation. La première se situe dans le trou central de la semelle extérieure qui stocke la terre : je ne comprends pas l’intérêt de cette poche dans la conception. Au bout d’un moment la terre finit par faire une poche grasse, alors que le reste de la semelle répond plutôt bien et évacue la terre.

La seconde zone, que je ne m’explique pas, se situe sur les rebords de la chaussure, juste en dessous de la technologie Cloud. La terre grasse se fixe à cet endroit, sans remonter plus haut que la partie cloud, ce qui alourdit la chaussure au bout d’un moment et nous contraint à l’évacuer.

Test des On Runnning Cloudultra 3


Par ailleurs, la chaussure mise tellement sur sa robustesse et son confort, qu’on a finalement un modèle assez peu dynamique : on a plus un produit fait pour durer tout au long de l’année, qu’un produit pour briller le week-end en course. Je trouve aussi que la technologie Cloud apporte peu d’intérêt sur ce modèle, si ce n’est créer de potentielles poches d’accumulation de terre. Cette technologie m’interroge aussi sur sa durabilité dans le temps en terrain accidenté, ce qui semble contradictoire avec une chaussure censée durer.

Test des On Runnning Cloudultra 3

Mon avis sur les ON CloudUltra 3

La nouvelle CloudUltra 3 est vraiment belle esthétiquement, alors qu’elle est plutôt simple. Conçue pour durer, cherchant à séduire les coureurs d’Ultra Trail, elle manquera peut-être de technicité et de recherche de performance pour trouver son public cible. En revanche, si on recherche un modèle pour toute l’année, confortable et durable, la CloudUltra 3 peut être une option sérieuse. Positionné à 200 euros, ON propose un produit dans la fourchette haute de ses concurrents. Malgré ses qualités, le rapport qualité/prix est peut-être défavorable pour les coureurs les plus exigeants.

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