Le test des On Cloudsurfer 3 : la douceur retrouvée

Toute nouvelle mousse Surreal, 8mm de drop et 302g sur la balance : j'ai testé la On Cloudsurfer 3, plus douce que la V2 mais nettement plus lourde. Sur le papier, la marque ON présente cette troisième édition comme la sortie la plus douce de son histoire, pensée pour les footings, la récup et les sorties longues tranquilles. Je l'ai fait tourner sur mes sorties route considérant que j'ai toujours les deux premières versions à la maison, et je vous donne ici mon avis sans détour.

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J'ai une petite histoire avec la Cloudsurfer. J'ai testé la première version de la nouvelle génération en 2023 (mon test des On Cloudsurfer), une chaussure légère (237g sur ma balance) et polyvalente, qui m'avait plu malgré une accroche limite sur les pavés mouillés et ce petit couinement légèrement énervant sur route humide. Puis est arrivée la Cloudsurfer 2 (mon test des On Cloudsurfer 2), qui évoluait peu : mm semelle, un laçage corrigé, qq grammes en plus et toujours ce côté Dr Jekyll et Mr Hyde, douce à allure tranquille et bien plus ferme dès qu'on appuie. Alors quand la marque a annoncé une troisième version avec une toute nouvelle mousse, j'étais curieux. Un peu méfiant aussi, je l'avoue.

Ci-dessus la Cloudsurfer 2, et ci-dessous la Cloudsurfer 3.

RunMag, On-Running Cloudsurfer 3. Vue de profil

La Cloudsurfer 3 est arrivée dans les boutiques spécialisées début octobre (la vente en ligne, elle, n'est prévue qu'en début d'année prochaine), et c'est la première chaussure de la marque à embarquer la mousse Surreal. Sur le papier, On promet la sortie la plus douce de son histoire. J'ai voulu vérifier ça sur le bitume.

La Cloudsurfer 3 dans la gamme On

RunMag, On-Running Cloudsurfer 3. 3/4 avant

La gamme route de On s'est bcp étoffée ces dernières années et il faut parfois un peu de temps pour s'y retrouver. Tout en haut, côté compétition, on trouve la LightSpray Cloudboom Strike et sa tige pulvérisée, ou la Cloudboom Echo pour ceux qui veulent du carbone. La Cloudmonster, et sa déclinaison CloudMonster 3 Hyper, jouent la carte du rebond et du gros volume avec un tempérament plus joueur. La Cloudflow reste la chaussure légère pour les séances un peu plus rythmées.

La Cloudsurfer 3, elle, se positionne clairement sur le créneau de l'entraînement quotidien avec un amorti maximal, pensé pour les footings, la récupération et les sorties longues tranquilles. Elle vient s'intercaler entre la Cloudsurfer 2, plus légère et plus ferme, et la Cloudsurfer Max. Pour ceux qui veulent sortir du goudron, il existe aussi une Cloudsurfer Trail, mais c'est une autre histoire. En clair, on revient vers l'ADN confort de la famille, sans prétention de vitesse.

RunMag, On-Running Cloudsurfer 3. 3/4 arrière

Ce qui change par rapport aux Cloudsurfer 1 et 2

Pour ceux qui ont suivi mes deux premiers tests, voici ce qui bouge vraiment sur cette V3. Le plus gros chantier, c'est la mousse : les deux premières versions reposaient sur l'Helion avec une semelle évidée que je trouvais un peu ferme, surtout à l'avant-pied, et la V3 passe à la Surreal, nettement plus douce. La géométrie CloudTec Phase est conservée mais revue, avec des clouds qui se compriment plus en profondeur.

RunMag, On-Running Cloudsurfer 3. La semelle extérieure

Le drop continue de baisser, version après version : 10mm sur la première, 9mm sur la V2, 8mm aujourd'hui. Côté semelle extérieure, on est loin de la V1 qui ne mettait du caoutchouc qu'à l'avant-pied et laissait la mousse au contact du sol au talon : la couverture est plus large, ce qui rassure sur la durabilité et sur le mouillé. La tige gagne en rembourrage au col et à la languette (la languette un peu courte de la V1 n'est plus qu'un souvenir), avec de nouveaux lacets plats.

Et puis il y a le poids... 237g pour la première, 257g pour la V2, 302g pour celle-ci. La tendance ne va pas franchement dans le bon sens.

Caractéristiques techniques des On Cloudsurfer 3

RunMag, On-Running Cloudsurfer 3. Zoom tige

Sur ma balance, la Cloudsurfer 3 affiche 302g en 42.5, et c'est le premier chiffre qui fâche : la Cloudsurfer 2 pesait 257g lors de mon test, on a donc pris 45g dans l'opération. En 2026, alors que la plupart des chaussures d'entraînement quotidien se situent entre 245g et 275g, ça commence à faire bcp. Le prix public devrait-être de 170€, le mm que la version précédente, ce qui est plutôt une bonne nouvelle vu l'inflation actuelle des tarifs dans le running.

Côté géométrie, la chaussure annonce 45mm de stack au talon pour 37mm à l'avant, soit 8mm de drop (contre 9mm sur la V2). On est clairement dans la catégorie des chaussures hautes, ce qui se voit dès qu'on la pose au sol.

RunMag, On-Running Cloudsurfer 3. Arrière talon

Le gros changement se cache dans la semelle intermédiaire. Exit la mousse Helion qui équipait jusqu'ici la majorité des modèles de la marque, place à la Surreal. La marque annonce une mousse 15% plus légère, plus souple et nettement plus réactive que l'Helion. Je prends ces chiffres avec des pincettes (ce sont des données maison), mais la différence de toucher est réelle, j'y reviens plus bas. Cette mousse est associée à une nouvelle version de la géométrie CloudTec Phase : les clouds sont alignés et se compriment les uns après les autres, du talon vers l'avant-pied, pour accompagner le déroulé et limiter le freinage à l'impact. Pas de plaque ici, pas de Speedboard non plus, ce qui colle au positionnement confort.

La semelle extérieure reçoit davantage de caoutchouc que sur la V2, notamment pour améliorer l'accroche sur sol mouillé. La tige est un mesh tricoté revu, avec un col et une languette nettement plus rembourrés, et des lacets plats légèrement élastiques. Une version large est annoncée pour le début d'année prochaine.

Le test terrain

Dès l'enfilage, on sent que On a voulu chouchouter le pied. Le col est épais, la languette aussi, et l'ensemble enveloppe bien sans serrer. J'ai pris ma pointure habituelle et ya pas de pb de ce côté-là, la chaussure taille normalement. L'avant-pied est spacieux, la zone médiane aussi, ce qui ravira les pieds un peu larges.

RunMag, On-Running Cloudsurfer 3. Le test, vue 3/4 latérale

Le revers de la médaille, c'est le maintien. Avec autant de volume et de rembourrage, j'ai mis qq sorties à trouver le bon serrage, et sur les premières, mon talon flottait légèrement. Je suis pas fan de ces lacets plats et élastiques qui ont tendance à se détendre en cours de route. Si vous avez le pied fin, faut voir en boutique avant d'acheter, car vous risquez de nager un peu dedans.

Côté confort de course, la Cloudsurfer 3 rattrape le coup, et franchement elle le fait bien. Le contraste avec la V2 est net : là où la précédente devenait vite ferme, surtout à l'avant-pied, celle-ci est douce sans être molle. L'amorti est généreux, il absorbe bien les chocs sans donner cette impression d'enfoncement qu'on retrouve sur certaines chaussures maximalistes.

RunMag, On-Running Cloudsurfer 3. Le test, vue sur l'avant route

Sur mes sorties longues d'1h30 à 2h, les jambes s'en sont plutôt bien sorties. J'ai pu enchaîner deux jours de footing sans la sensation de lourdeur qu'on a parfois le lendemain d'une sortie sur des chaussures plus fermes. Pour la récupération, c'est exactement ce qu'on attend.

Le déroulé est fluide, c'est sans doute ce que j'ai le plus apprécié. Les clouds se tassent progressivement et accompagnent la foulée du talon jusqu'aux orteils, sans à-coup. Sur une allure tranquille, la chaussure roule toute seule, on se laisse porter.

RunMag, On-Running Cloudsurfer 3. Le test, vue avant face externe

Côté stabilité, c'est correct pour une chaussure aussi stackée. La base est large, et je ne me suis jamais senti en déséquilibre sur route. En revanche, dès qu'on attaque des virages serrés ou des trottoirs un peu cabossés, la hauteur se fait sentir et on perd en précision. Rien de rédhibitoire, mais on n'est pas sur une chaussure d'appuis.

Le caoutchouc supplémentaire fait son travail. Sur route sèche, rien à signaler, et sur trottoir humide j'ai trouvé l'accroche légérement meilleure que sur la première version, qui patinait sur les pavés mouillés. Les fameux canaux qui coincent les cailloux sont tjrs là, c'est un peu la signature de la marque, mais j'ai trouvé que c'était moins pénible que sur les anciennes générations. Sur les chemins de parc ou le gravier fin, ça passe, sans plus.

RunMag, On-Running Cloudsurfer 3. Le test, vue 3/4

Sur le plan de la dynamique : c'est le point faible, et il fallait s'y attendre. La mousse Surreal rend bien l'énergie à allure de footing, avec un petit rebond agréable, mais dès qu'on accélère, la chaussure manque de mordant. J'ai tenté qq accélérations en fin de sortie et un bout de tempo : ça passe, mais on sent le poids et le volume. On perd le côté Dr Jekyll et Mr Hyde des deux premières versions, qui se raffermissaient et devenaient plus réactives quand on accélérait : la V3 reste douce, quelle que soit l'allure.

Le poids, justement... 302g, c'est lourd pour une chaussure de route en 2026, et sur les dernières bornes d'une sortie longue, on le sent clairement. Disons que ce n'est pas la chaussure qui vous donnera envie de faire des fractionnés, sauf si l'on veut faire souffrir ses mollets.

RunMag, On-Running Cloudsurfer 3. Le test, profil

Pour quel usage ?

Selon moi, la Cloudsurfer 3 est une chaussure d'entraînement quotidien pour la route, à réserver aux allures tranquilles. Footing, récupération, sorties longues en endurance : c'est son terrain de jeu. Elle conviendra bien aux coureurs qui cherchent du confort et du volume, aux pieds larges, et à ceux qui accumulent les kilomètres à allure modérée. Pour un semi ou un marathon à allure loisir, pourquoi pas, mais pour aller chercher un chrono, il faudra regarder ailleurs dans la gamme.

RunMag, On-Running Cloudsurfer 3. Preview arrière

Les alternatives à la Cloudsurfer 3

La concurrence directe est sérieuse dans cette catégorie. La plus proche, c'est la Hoka Clifton Pro : mm prix (170€), mm concept de chaussure haute et confortable avec une mousse supercritique, mais nettement plus légère (autour de 265g) et un peu plus basse (42mm au talon). Elle a un rebond plus discret, mais un maintien plus précis. Si vous voulez plus de polyvalence, l'Asics Novablast 6 est sans doute la meilleure alternative. Plus légère (environ 245g), plus vive et capable de suivre sur des séances plus rythmées, elle est aussi un peu moins chère (160€). Elle est en revanche un peu moins stable. Pour un profil plus classique, la Brooks Ghost 18 reste une valeur sûre à 150€ : plus basse, plus ferme, avec 10mm de drop, elle ne joue pas dans la mm cour côté amorti mais rassure par sa constance. Et dans la gamme On, si vous cherchez plus de rebond pour des sorties variées, la Cloudmonster 3 Hyper est plus intéressante.

RunMag, On-Running Cloudsurfer 3. Preview profil

Mon avis sur la Cloudsurfer 3

La Cloudsurfer 3 corrige le principal défaut de sa devancière : la mousse Surreal apporte enfin la douceur promise, avec un amorti généreux et un déroulé très fluide qui en font une compagne agréable pour les footings et les sorties longues à allure modérée. J'apprécie aussi le chaussant spacieux, le prix inchangé à 170€ et l'accroche un peu améliorée sur le mouillé. Ce qui me plaît moins, c'est un poids qui dépasse les 300g sur ma balance, franchement lourd pour une chaussure de route en 2026, un maintien qui demande du temps pour être bien réglé avec ce rembourrage épais, et un tempérament assez sage qui rend la chaussure peu adaptée aux allures plus soutenues. Pour qui cherche avant tout du confort sur route, c'est un choix cohérent, mais les coureurs en quête de vivacité trouveront plus nerveux ailleurs.

Où acheter ces chaussures de running On-Running

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