Crippa : la patience d'un champion, le fruit d'une préparation affûtée
L'Italien Yemaneberhan Crippa a prouvé sur les rues de Paris qu'une course ne se gagne pas seulement par la force brute, mais aussi par une gestion tactique impeccable. Avec un chrono de 2h05'18, il s'impose après une relance décisive au 39e kilomètre. Son passage au semi en 1h03'14 témoignait d'une allure maîtrisée, loin de l'emballement initial que l'on peut parfois observer dans les SAS. C'est une victoire construite, loin du record de l'épreuve (2h04'21), mais significative pour Crippa qui améliore son propre record personnel de près d'une minute. Son récent 59'01 sur semi-marathon à Naples annonçait déjà une forme olympique, et il a su la confirmer sur la distance reine. Une performance d'athlète mature, capable de lire la course et de placer l'attaque au moment opportun, juste après le dernier ravitaillement crucial.
Roudolff-Levisse : l'audace et l'horizon LA2028
Côté français, Emmanuel Roudolff-Levisse a fait sensation en se hissant à la sixième place, avec un nouveau record personnel de 2h05'58. Ce chrono le propulse à la quatrième place historique française sur la distance, un sacré coup d'éclat ! Son objectif était clair : « J'avais dit que je venais pour essayer de titiller les premiers. » Et il l'a fait, restant longtemps aux avant-postes avant de connaître un point de rupture dans les derniers kilomètres. Cette performance, bien que difficile, « c'était dur » confie-t-il, ouvre des perspectives concrètes pour les qualifications aux Jeux Olympiques de Los Angeles. L'émotion partagée avec son père, Pierre, quadruple champion de France de cross dans les années 80, souligne l'aspect humain et l'héritage familial derrière cette performance. C'est une course de caractère, qui valide des mois d'entraînement et d'affûtage.
Shure Demise : un record pulvérisé, une densité féminine impressionnante
Chez les femmes, l'Éthiopienne Shure Demise a tout simplement écrit une nouvelle page de l'histoire du Marathon de Paris en pulvérisant le record de l'épreuve. Son temps de 2h18'34 est un véritable coup de marteau, effaçant l'ancien record de plus d'une minute (2h19'48). Mais au-delà de sa performance individuelle, c'est la densité de la course féminine qui a marqué les esprits : trois autres athlètes sont passées sous la barre des 2h20, témoignant d'un niveau international exceptionnel. Misgane Alemayehu (2h19’08), Magdalyne Masai (2h19’17) et Enatnesh Alamrew Tirusew (2h19'18) ont toutes flirté avec l'ancien record. Une course menée à une allure supersonique du départ à l'arrivée, où la stratégie a sans doute été celle de la régularité à très haute intensité.
Les françaises dans le top 10
Mekdes Woldu et Méline Rollin ont également brillé, terminant respectivement huitième en 2h26'25 et dixième en 2h28'52. Ces performances confirment la bonne dynamique du marathon féminin français et la capacité de nos athlètes à se placer dans le top mondial sur des épreuves de ce calibre. Des chronos solides qui valident leur préparation et leur engagement sur la distance, et qui, espérons-le, serviront de tremplin pour de futurs objectifs.
Cette édition 2026 du Marathon de Paris a montré que la capitale reste un théâtre de choix pour les performances de très haut niveau. Des stratégies payantes aux records personnels pulvérisés, elle laisse augurer une saison marathon encore riche en émotions et en rebondissements, avec les Jeux en ligne de mire pour beaucoup de nos athlètes.
PODIUM ÉLITES HOMMES
- Yemaneberhan Crippa (ITA) 02:05:18
- Bayelign Teshager (ETH) 02:05:23
- Sila Kiptoo (KEN) 02:05:28
PODIUM ÉLITES FEMMES
- Shure Demise (ETH) 02:18:34 - RECORD de l’épreuve
- Misgane Alemayehu (ETH) 02:19:08
- Magdalyne Masai (KEN) 02:19:17


